mardi 27 novembre 2007

Rencontre avec Patrice Dumas

« La participation doit être gratuite, une vraie campagne participative est donc proche du bénévolat. Je pense que le véritable participatif sert une grande cause. » Patrice Dumas.

J’ai rencontré le rédacteur Patrice Dumas de l’agence DDB. Les campagnes les plus participatives auxquelles il ait participé ne l’étaient pas directement, elles impliquaient le renvoi d’un coupon ou renvoyaient vers un site où l’internaute était inviter à participer.

Nous avons réfléchi ensemble à la question du participatif. Pour lui, il doit y avoir un minimum d’interaction : le participatif consiste surtout à faire intervenir le public par des actions. Le participatif ne peut en être que quand la participation est apportée gratuitement, à savoir quand il sert de grandes causes. Dans le domaine commercial, si on prend l’exemple des jeux concours, qui peuvent eux aussi être considérés comme du participatif, il y a une récompense, un appât.

S’il y a rétribution, est-ce vraiment du participatif ou est-ce du travail ? Par exemple si les gens participent à un concours Air France, ils le font dans l’espoir de gagner des voyages. Si une campagne participative a lieu pour une marque, selon lui, s’il n’y a aucune récompense au bout, la personne qui la voit ne voit pas l’intérêt ni le bénéfice d’y prendre part. Nous avons listé plusieurs types de récompenses pouvant intéresser le public : l’argent, les cadeaux, le quart d’heure de gloire (par exemple la possibilité d’être vu à la télévision).

Nous avons ensuite établi des parallèles entre art interactif et participatif. Contrairement à l’art interactif, le participatif ne doit pas fonctionner sur un procédé de stimulus-réponse : il doit y avoir une marge d’actions possibles, pas juste une mise en route mécanique. Par contre leur point commun serait que pour exister, ils ont besoin du groupe : le participatif a besoin que plusieurs personnes participent, mais aussi que le message soit vu par un maximum de personnes ; quant à l’œuvre d’art interactive, pour exister, elle a besoin d’un public au moment de l’action.

Le participatif, quand il n’est pas commercial, peut avoir plusieurs fonctions : exalter, dénoncer, réunir autour d’une cause, un évènement, dans un lieu ou sur un site web. Le participatif induit une idée très forte de communauté. Par exemple, selon lui, si Wikipédia connaît un tel succès, c’est parce que cette encyclopédie aurait une très forte portée sociale, démocratisant le savoir, à l’instar de l’encyclopédie de Diderot au siècle des lumières.

Nous nous sommes ensuite demandé pourquoi si peu de graphistes avaient tenté de proposer un travail participatif à leurs clients. Nous en sommes venus à la conclusion que graphiste est un métier plus individuel, ce qui est complètement à l’opposé de ce qu’est le participatif.

Quant aux limites du participatif, elles se limitent à deux points pour lui :

- Pour être vraiment participative, une campagne doit défendre une grande cause, et elle doit être gratuite.

Ce qui se rapproche le plus du participative dans ce que nous connaissons serait donc la signature d’une pétition ou le fait de prendre part à une manifestation.

- Le succès d’une campagne participative ne se juge pas sur la qualité de l’idée mais sur la quantité de participations.

Voici quelques exemples de campagnes illustrant ce propos sur l’action bénévole :

- La pyramide de chaussures organisée par Handicap International pour lutter contre les mines antipersonnel et les bombes à sous-munitions.

-une campagne pour la Ligue Braille en Belgique, www.ablindcall.be. Il nous arrive souvent d’appeler sans le vouloir le premier nom de notre répertoire. En plaçant en premier dans notre répertoire « A blind call », notre téléphone appelle un numéro spécial au lieu d’appeler un ami qui s’appelle André ou Adeline. Le coût de la communication est reversé à l’association.

Et un exemple de campagne commerciale serait la campagne Ebay, qui avait permis à des ebayeurs d’acheter aux enchères et à un prix dérisoire des espaces publicitaires à la télévision. C’est l’appât « quart d’heure de gloire ».

2 commentaires:

n'roll a dit…

salut

je pense ausssi à la pétition photo pour l'opération "control arms" d'amnesty international > www.controlarms.org.
une forme de pétition où l'engagement est plus fort qu'une simple signature.
enfin je sais pas si ça a un rapport...

en tous cas, c'est chouette les affiches...

Sophie A a dit…

merci ^^ je vais aller checker control arms ca me filera pt etre des idées !!